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10/09/2015

T'es pas un peu aveugle, toi ?

Je marche tranquillement dans la rue longeant le château de Saumur, en direction de la place st Pierre. Je traverse cette petite rue calme pour obliquer, quand une voix féminine m'interpelle : attention Monsieur, il pourrait y avoir une voiture. Je dis merci. La voix me demande vous allez par où ? Pourquoi ne pas répondre, je ne m'inquiète pas, il y a quelques années que j'ai cessé mes affaires mafieuses. Je vais prendre la rue Montesquieu, c'est bien celle-ci ? Ah non, me dit-elle, c'est celle-là. Par là ? Non, par là. Voyant que je me tournais un peu trop à droite, elle prend mon bras et me positionne dans l'axe. Merci, dis-je, en prenant la direction indiquée. Attention aux voitures, me lâche-t-elle en guise d'au-revoir. Je redémarre, confiant, je fais 2 pas et ma canne heurte bruyamment une voiture en stationnement, pile dans l'axe indiqué. Un peu plus loin, sans rapport, un homme souffle de l'autre côté de la rue : vous voulez de l'aide ? N'étant pas certain que cette proposition s'adresse à moi, je stoppe et demande pardon ? Vous voulez que je vous accompagne ? Ah, non, dis-je, c'est gentil, merci beaucoup, c'est mon chemin. Vous n'avez pas besoin d'aide, ajoute-t-il en s'approchant ? Non, merci, tout va bien mais c'est très sympathique de votre part de me le proposer. Il a une seconde d'hésitation puis s'éloigne en bougonnant : pfft pas besoin d'aide… pfffft Que s'est-il passé dans ces cerveaux-là à ces moments-là ? Mystère. Heureusement, en rentrant, j'ai entendu Jacques Attali parler de son dernier livre et de sa méthode pour prévoir (et non pas prédire ou connaître) l'avenir, le sien, le nôtre, le leur. C'était réjouissant. Je n'ai pas retenu les cinq règles à observer mais elles m'ont paru de nature à s'assimiler aisément, le résultat étant lié ensuite à la capacité ou plutôt à l'habitude qu'il faudra acquérir d'écrire son avenir à partir de ces cinq règles, afin de le prévoir, tout en influant sur lui par l'effet de notre volonté. J'aimerais organiser un débat entre lui et Edgar Morin, qui, à 94 ans, m'a scotché sur mon tabouret tam-tam par sa célérité intellectuelle, tout en ne me donnant pas de clé pour penser mon avenir. Alors, vous deux, aidez-moi à penser complexe et réfléchir futur, ça me distraira du temps qu'il fait et des chagrins d'amour.

19:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : aveugle, complexe, prévoir

26/12/2012

Que faut-il faire en présence d'un mal non voyant...

En général, il n'entend, ne comprend que ce qu'il veut, ce qui lui permet de continuer de rêver s'il en a envie.

 

Il parle avec les yeux, qu'il roule dans tous les sens, il est donc nécessaire de maîtriser le langage des signes pour lui répondre.

 

Parce qu'il finit par considérer qu’il n’est pas différent, il se comporte parfois comme n’importe qui, ce qui peut être très déstabilisant pour n’importe qui.

 

Si vous voulez l'aider, demandez-vous d'abord s'il en a besoin. On ne sait jamais, il pourrait être violent. Avant de l'aborder, prenez sa main et tordez-lui l'index, ceci afin de lui montrer que vous êtes le plus fort, il vous respectera.

 

S'il cherche une entrée, une direction, un passage piéton etc. offrez-lui de l'accompagner; pour cela, placez-vous près de lui et mettez votre coude dans son oeil, qu'il saisira car il est sensible des yeux.

 

Pour s'orienter, il suivra   les mouvements de votre corps mais il est bon que vous précisiez, par exemple "monte" quand la marche monte ou bien la même chose quand elle descend, parce qu'il sait aussi plaisanter, ou encore s'il s'agit d'un tapis volant, indiquez-lui clairement le sens du courant d'air.

 

Abordez les escaliers ou les trottoirs de trois quarts en
  marquant un léger arrêt ou une pression du coude dans l'estomac.

       Si le passage est étroit (échafaudage, tas de sable, etc.), il en profitera pour faire des pâtés. Laissez-le jouer.

 

Pour l'autobus, le métro ou le train, indiquez ou placez sa main pour que la porte se referme dessus, il adorera vous prouver qu’il est résistant, qu’il a de l’humour et qu’il est prêt à recommencer.        De même, en voiture, placez sa main sur le sommet de la   portière juste avant de la refermer, il adorera vous montrer qu’il peut trouver seul le chemin des urgences. S’il ne le trouve pas, frappez le avec la ceinture de sécurité. 

 

Avant de lui dire quelque chose, exercer une pression de l'index dans l'estomac ou dans l'oreille, ainsi il saura que c’est à lui que vous parlez.

 

Indiquez bien la gauche si le couloir est à droite, ou à gauche s'il est devant, et inversement, ça l’amusera quand il aura fini par comprendre. Dans le métro aussi, pareil, idem, et si la correspondance est derrière, allez-y à reculons mais lentement, pour ne pas le déstabiliser.

 

Dans les toilettes, Ne l'installez pas d'office sur une cuvette réservée aux personnes   handicapées car elle peut être occupée, il ne s’en rendrait pas forcément compte. Si le besoin est pressant dans le métro, dites lui dans combien de stations il pourra pisser par la fenêtre, ça le fera patienter.

 

Si vous l’emmenez au cinéma, à l’entr’acte, signalez lui votre sortie, sinon il continuera à parler au fauteuil d’à côté.

 

Si vous   lui décrivez un trajet, n'utilisez pas les mots comme: ceci, là, ici, là-bas, par-là, tout   droit, ainsi que les signes de tête ou les gestes démonstratifs, il ne les verra pas. Sauf évidemment s’il y a urgence.

 

Important, s'il possède un chien guide, on ne   caresse pas le chien-guide sauf si elle est d'accord.

 

A l'intérieur, il convient de ne pas laisser les portes et fenêtres   à demi ouvertes, car il en profiterait aussitôt pour endommager les boiseries.

 

A table, il est bon de lui dire le menu, s'il y a des verres à pied et combien ont-ils de pieds. On évitera les arêtes et les volailles, par exemple, qui ne parlent pas la langue des chiens guide.

 

Si vous devez rendre la monnaie, faites-le billet par billet  directement dans sa main en les identifiant et en appuyant légèrement, il croira que vous lui donnez un pourboire et il sera content. Il peut peut-être, au toucher, distinguer les pièces etc. mais faut pas rêver non plus.

 

Astuce: vous pouvez l'aider à se placer en tête dans les files d'attente, en donnant des sucres aux personnes qui sont avant lui.

 

Si vous êtes fatigué, n'oubliez pas qu'un rien peut satisfaire un aveugle, aussi ne faites rien pour lui, il sera content.

 

Enfin, quand vous en aurez marre, placez sa main sur l'épaule de quelqu'un d'autre, il sera content de découvrir le monde, de toute façon il ne se rendra compte de rien.